Vous êtes ici dans la partie "carnet de route" du
projet d'échange culturel basé sur les jeux autour du monde,
que nous avons réalisé de décembre 2007 à juin 2009.

dimanche 28 juin 2009

Dernières emplettes à New Delhi

Nous ne sommes pas loin du Tibet...

Dans un rickshaw


Arrivés en centre-ville, nous demandons à un chauffeur de rickshaw de nous conduire à l'hôtel que nous a conseillé le propriétaire de l'auberge de Kashol. Sans le savoir, nous suivons le chemin que prennent les réfugiés tibétains quand ils arrivent dans la capitale indienne. Le quartier où nous arrivons est situé en périphérie de la ville. Il n'y a rien autour. Mais dès que nous franchissons la porte d'entrée du lieu, nous découvrons un autre monde : fermé sur lui-même pour mieux se protéger, autonome à en juger par son marché hétéroclite, ses nombreux restaurants, son monastère et ses autres lieux de vie, mais aussi chaleureux, convivial et accueillant. C'est une bulle d'air dans la cité polluée qu'est New Delhi.

Nous trouvons là beaucoup de moines (les cibles préférées du gouvernement chinois). La cité est construite autour de leur lieu de culte. Rapidement, nous découvrons que la résidence dont les chambres se louent bon marché est un foyer pour ressortissants Tibétains. Il n'y aurait pas de place pour les étrangers. Nous discutons entre nous. Alors, le réceptionniste nous demande si nous sommes Français. "Voilà qui change tout ! Vous pouvez rester ici trois jours" (Nous avait-il pris pour des Israéliens ?)

Dans le métro, à New Delhi

Les bazars du centre-ville

Nous occuperons nos journées à nous perdre dans les bazars du centre-ville. Ses ruelles, envahies de boutiques de la taille d'une boîte de chaussures, forment un dédale qui nous emprisonne, tout en nous faisant croire, à chaque coin de rue, que nous en sortirons bientôt.

Un tout petit café, on boit notre verre de thé debout devant

Petite boutique d'artisanat

"On l'a déjà vu ce resto ?" - Non, je crois que c'était un autre - T'es sûr ? - Pff je sais pas trop... Nous nous trouvons au milieu de tissus pour femmes, colorés et dorés. Puis, dans des étoffes, plus sombres, pour hommes.

Mission du jour : trouver un tissu et négocier son prix.
Facile !


Nous cherchons, pour Antoine, un beau costume qu'il portera le jour de notre mariage. Un rabatteur nous emmène dans un magasin. Des matelas au sol, recouverts d'un grand drap blanc. Le long des murs sont disposés des tissus pliés sur des étagères ou enroulés autour de longs cylindres de carton, debout sur le sol. Au milieu, des vendeurs et des clients assis par terre, débattant de la qualité de la marchandise et de son prix. On nous invite à entrer. Nous ôtons nos chaussures. Nous nous asseyons et expliquons l'objet de notre visite. Le commerçant saisit un beau rouleau et le tissu s'envole devant nous, sur quelques mètres. L'étoffe reste un moment suspendue dans l'air, puis se pose délicatement à nos pieds. C'est du plus bel effet. Un autre. Encore un autre. "You don't like ? What do you want ?" ("Vous n'aimez pas ? Vous voulez quoi ?") Nous précisons notre demande. Notre vendeur fait signe à un des apprentis qui se tient debout près de lui, afin qu'il aille chercher un autre rouleau. Il nous le présente, un sourire d'espoir tendu sur ses lèvres. "So ? How much you want ?" ("Alors ? Vous en voulez combien ?"). C'est beau... mais non. Nous ne sommes encore qu'en phase d'observation. Nous apprécions la marchandise, mais ne pouvons l'acheter maintenant sans connaître les prix du marché. "Why ??" ("Pourquoi ??") Cette boutique est la première que nous visitons. Et puis nous avons faim, sommes fatigués. Ce n'est pas le moment de conclure la vente. Notre interlocuteur baisse les prix plusieurs fois ; nous ne voulons pas négocier. La situation est embarrassante. Il s'énerve, ne comprend pas. "We will come back later" "No ! don't come back !" ("Nous reviendrons plus tard" "Non ! Ne revenez pas !") Que s'est-il passé ? Nous n'avons pas aimé la tournure qu'a pris les choses... et puis quand un commerçant s'énerve, nous n'achetons pas. C'est mauvais signe.

Vous nous prenez en photo ? D'accord...

Menus de restau, des plats tibétains avec du Pepsi

Alors nous marchons, encore. La foule est dense, bruyante, des visages apparaissent soudain devant nous, souriants, vantant leur marchandise tandis que nous devons éviter des carioles à vélo, des femmes voilées, des trous de chantier, de hautes tables branlantes sur lesquelles sont disposées de belles pyramides de salades de fruits. Tout cela est fatigant.


Pour reprendre nos esprits et un peu de force, on s'assoit dans un restau, à une table en fornica, afin de déguster un des plats qu'on prépare devant nous. Un lassi bien frais. Un moment de répit.

Vêtements pour enfants

Nous entrons dans quelques autres boutiques, ouvertes sur la rue. Estimons la qualité des tissus, choisissons une belle couleur, tranquillement. Des passants nous observent, amusés. Nous leur demandons leur avis, ils nous conseillent. Nous sommes en bonne disposition pour acheter. Enfin, nous filons chez un tailleur, à qui nous remettons les différents tissus pour qu'il nous les confectionne selon nos recommandations.


Il prend les mesures d'Antoine, puis nous décidons de rentrer... enfin ! Mon fiancé, qui a retrouvé toutes ses capacités d'orientation, nous conduit vers la sortie. Puis, nous expliquons tant bien que mal à un conducteur de rickshaw où nous habitons. Le lendemain, nous prendrons avec nous la carte de visite du foyer.


Marché tibétain : un bonheur pour les amateurs de Bollywood !

Autre journée achats. Nous sortons après une forte tempête qui se calme aussi vite qu'elle est apparue. Marché tibétain pour touristes. Nous y trouvons des cadeaux, des souvenirs, des sacs en tissus à l'effigie des dieux hindous et une chemise jaune et rouge avec des inscriptions en hindi qui signifient "Hare Krishna Hare Rama". Nous verrons plus tard que cette marchandisation de la religion n'est pas du goût de tous... Seuls les brahmanes (les prêtres) peuvent porter sur eux des mantras. Mais la plupart des gens ne nous en tient pas rigueur. Alors que certains ne s'en préoccupent pas et que d'autres trouvent cela amusant, d'autres sont choqués, non par le fait que nous, qui ne connaissons pas ces prières, arborions ce tissu sacré, mais par le fait ce soit des Indiens qui créent, produisent et le vendent.

Bonjour, ça vous dérangerait de poser avec mon ami Froggy ? C'est sympa, merci

Monuments de New Delhi


Le lendemain, samedi, visite du Craft Museum qui réunit des maisons traditionnelles et des objets d'art représentatifs de toutes les régions d'Inde. Murs joliment décorés, mis en peinture.

Mur d'une maison

Une machine servant à écraser le riz, mue grâce à de l'énergie hydraulique ; repensant au Laos, nous trouvons cela ingénieux. Là-bas, les femmes utilisaient un système beaucoup plus basique : une sorte de balançoire en forme de marteau avec, d'un côté, une femme appuyant son pied afin de soulever la masse qui retombait lourdement de l'autre côté, dans un seau rempli de cette céréale. Les tissus du Rajasthan (ce fameux Rajasthan...) sont magnifiques. Nous apprenons que les Indiens ont commencé à embellir leurs objets de la vie quotidienne sur demande des premiers visiteurs européens, qui souhaitaient ramener des souvenirs chez eux. En partant, nous nous disputons... nous sommes tous les deux tendus, fatigués : impossible de dormir dans ce monastère qui, s'il n'est pas cher, est bondé de moustiques ! Nous continuons les visites. Un joyeux chauffeur de rickshaw nous propose de nous conduire sur ce petit tour. Nous négocions longtemps, trop longtemps. Il cède, disant que "you think too much" (vous pensez trop... enfin surtout moi !). Finalement, c'est moi qui ai perdu.

India Gate

India Gate.
Un arc de triomphe dédié aux soldats indiens morts pour leur patrie, chez eux ou à l'étranger, et notamment en France lors de la 1re guerre mondiale.

Connaught Place, le plus grand marché aux tissus de la ville. J'achète un sac en cuir. C'est du chameau. Ah bon ? C'est pas de la vache ? Le vendeur fait une drôle de tête. Oups, la boulette. Dans une allée du marché, un marchand ambulant vend des ceintures. Pour nous montrer qu'elles sont de bonne qualité, il nous fait une démonstration, déchirant une lanière de faux cuir, mais n'arrivant pas au même résultat sur un de ses produits. Nous pensons aux vendeurs de tableaux peints avec du sable, à Dakar, qui nous faisaient beaucoup rire aussi : "Non, non, ne jette pas encore ce tableau par terre !", et puis, finalement, c'est drôle : chaque fois qu'on allait les voir, ils le faisaient. Et en Inde, pareil. "Tu veux pas le refaire ? j'aime bien"

Pour payer le chauffeur de rickshaw 100 roupies de moins, nous devons visiter deux magasins de souvenirs, plutôt luxueux, et passer plus de dix minutes dans chacun d'eux. Les prix ne semblent pas si exhorbitants que nous le pensions. Ah, c'est en dollars ? Ah oui, d'accord. Les vendeurs sont nombreux, souriants et très européens dans leur attitude, c'est-à-dire discrets. Les objets sont beaux, nous touchons un peu à tout, faisons comme si nous étions intéressés, et puis non finalement. Nous voulons sortir. Mais vous n'avez pas encore vu le sous-sol ! Oui, c'est vrai. Une vendeuse m'invite à essayer un pouf décoré d'un patchwork coloré et lumineux venant du Rajasthan. Elle sait que nous n'achèterons rien, mais ça l'autorise à s'asseoir, elle aussi. Nous discutons de tout et de rien.

Enfin, nous passons chez le tailleur. Antoine avait demandé une marge de 10 cm pour la ceinture. Petit malentendu. Les vêtements sont parfaitement bien adaptés à sa taille actuelle, et des plis à l'intérieur permettront de les réajuster lorsque nous auront grossi à notre retour en Europe. Le travail est soigné, nous en sommes même impressionnés... c'est d'autant plus gênant de devoir exprimer notre insatisfaction. Alors ? C'est bien ? Oui... oui oui, c'est vraiment bien, mais je ne saurai pas le recoudre plus tard, et en France, s'il y a peut-être des tailleurs, ils sont sûrement beaucoup plus chers qu'ici ! Non, ce n'est pas possible. L'ensemble doit être revu. L'artisan accepte, comprend, le traduit à son employé qui s'exécute sur-le-champ ; il nous offre un Slice Mango pendant que nous attendons notre commande.

Nous rentrons, à nouveau, fatigués et chargés comme des mules. Comment on va faire dans l'avion ? Je ne sais pas, on verra...

Au restau, on aime les "Plain Roast" (ça nous rappelle le sud de l'Inde) !

Voici ce qu'on peut choisir d'autre dans un restau qui sert de la cuisine du sud de l'Inde

Préparation du mariage depuis l'Inde

Dimanche, sur conseil d'un ami moine avec qui je conversais à Mc Leod Ganj pour le faire progresser en anglais et que j'ai retrouvé ici, à New Delhi, nous nous rendons dans un autre quartier tibétain "Tibetan Colony", afin d'y trouver un cyber-café. Nous appelons la salle des fêtes de Lisors (où devait avoir lieu notre mariage) "Je vous entends assez mal, vous êtes où ?" "Bah, en Inde" Elle est flattée qu'on l'appelle d'aussi loin, mais déchante quand je lui dis que mes parents habitent un village tout près.

Beaucoup de réfugiés tibétains ne semblent pas faire grand-chose de leurs journées. Ils jouent souvent au billard à doigts et boivent du Slice Mango. Nous aussi, on aime bien.


Ce soir, on part vers Mumbai. Nos sacs sont hauts comme des tours d'immeubles, on vacille presque en les mettant sur le dos. Fast-food de la gare : des plats qui ont l'air salés sont en fait sucrés et inversement. Comme quoi ça aide pas toujours de les voir en vitrine. On goûte un Papdi Chat (sucré et épicé !) et un Chole Kulche




La suite dans... 6 mois si tout va bien ! (lol)