A gauche, Amritsar, la capitale des sikhs, tout près de la frontière indo-pakistanaise, Au centre, Mc Leod Ganj, capitale des Tibétains en Inde Un peu plus à l'est, Kashol, où nous sommes au moment des faits :)
Plus à l'est encore, le Tibet
A Kashol
Dans un minibus que nous avons loué tous ensemble, nous nous dirigeons vers la ville de Kassol qui, pour l'instant, ne m'évoque qu'une insulte de la langue russe (kaziol, qui signifie littéralement bouc).
A mesure que nous approchons de notre destination, les paysages se découvre de plus en plus beaux, une vallée apparaît, surplombée par des palmiers poussant à flanc de montagne.

Vidéo de la procession rencontrée sur le chemin
En fin de journée, nous arrivons dans une cité envahie par la jeunesse israélienne ; on nous salue par un "Shalom" ; autour de nous, des panneaux en bois sur lesquels des écritures sont peintes à la main en anglais et en hébreu, nous informent des services qu'offrent les agences de voyage, du menu des restaurants, et des commodités des hôtels.

Souvenirs de notre Normandie (presque) natale : la végétation verdoyante est gorgée d'eau, il fait frais et humide.
Les garçons se chargent de nous trouver un gîte, puis de le réserver, tandis que nous les attendons, au chaud, dans un restaurant, gardant les affaires. Alors que nous pourrions goûter à des spécialités israéliennes, nous optons plutôt pour de délicieuses "momo" accompagnés de soupe et de pâtes faites maison, à la manière mongole, dans un minuscule restaurant tibétain, où nous aurons nos habitudes pour le reste du séjour. Le chalet de bois trouvé par notre ami Ramington, est tenu par une gentille famille indienne ; nous nous réchauffons au coin du poêle avant de nous plonger dans les lits froids, sous de lourdes couvertures. Je suis heureuse de retrouver un peu d'hiver dans l'air frais des montagnes après avoir vécu sous une telle chaleur, senti tant de poussière et respiré tant de pollution.
Ici, nous en apprendrons beaucoup sur les Israëliens, et en particulier sur cette tranche de population qui, après avoir subi deux années de service militaire, s'enfuit en groupe dans des régions reculées du monde où les paysages sont beaux, les habitants accueillants et peu nombreux, et où souffle ce vent de liberté qui leur a tant manqué. Nos amis, Erez et Yaara, ressentent un vertige devant l'omniprésence de leur culture et de leur génération. Dans les bars, ambiance de free partys où circuleraient beaucoup de drogues hallucinogènes, musique électronique, trance psychédélique avec beaucoup de basses, pas franchement positive ; la langue officielle du lieu est l'hébreu, les plats sont, par défaut, israéliens.
A ces fêtes qui ne nous ressemblent pas, nous préférons le calme de la vallée, ses paysages ennivrants de beauté, l'odeur des pins, de la forêt, la couleur des rochers, la sensation de l'eau fraîche caressant nos pieds lorsque nous pénétrons dans la rivière dont nous voyons clairement la source au loin, dans les monts enneigés.

Il nous reste une petite semaine de voyage avant de prendre l'avion pour l'Europe. Ce lieu nous plaît, nous décidons d'en profiter, de la manière qui nous semble la meilleure : rester ici, se prélasser au soleil, boire du bon thé en jouant au backgammon avec nos amis israéliens et canadiens, discuter avec eux de tout et de rien, de leurs cultures, de la nôtre, de nos opinions, se promener au gré des vents, croiser des troupeaux de boucs et de chèvres, sourire aux bergers, aux femmes vêtues de mille-et-une couleurs, lire un bon roman japonais troqué dans un hôtel, s'imprégner de la nature environnante, sans la brusquer. Le temps est éternel. Le bonheur est ici, maintenant, en nous.
Après trois jours, nous décidons de nous quitter ; chaque couple souhaiterait partir en randonnée, découvrir les villages alentours sans avoir l'air de trop s'y imposer. Les groupes sont intimidants, forment une bulle qu'il est difficile de briser, pour ceux qui y sont enfermés comme pour ceux qu'elle rencontre. Nous partons donc à deux, en direction du village de Rashol, prévoyant de faire une petite boucle qui nous fera franchir un col, visiter une cité qui, quoique vivante, semble enfouie dans le passé, et enfin rentrer à Kassol par un autre chemin.
Nous laissons une partie de nos affaires à l'hôtel, puis partons sur ce que nous croyons être la bonne route. Quelques détours, quelques doutes, puis nous trouvons notre chemin. Nous demandons aux randonneurs et aux bergers que nous croisons combien de temps il nous faudra pour atteindre le village. Nous ne prévoyons plus deux heures, mais quatre, voire six.
Des ânes transportant des marchandises, à côté un sac Carrefour : la scène a quelque-chose d'étrange... C'est le mix des cultures !
Un touriste Israélien nous prévient Comme t'es chargé, t'en auras pour la journée !! Allez ! Profite bien de la randonnée avec ton sac bien lourd ! C'est mal parti... La motivation fait tout ; là, malgré quelques encouragements (que je trouve, pour le coup, plutôt moqueurs), elle n'y est pas. Il est déjà presque seize heures : trop tard pour se lancer dans une ballade qui paraît bien plus longue que prévu. Au grand dam d'Antoine, j'insiste pour rester au pied de la montagne, et de ne partir que le lendemain matin, tôt.
Dans ce village entouré de plants de cannabis poussant comme des herbes folles, on ne répond pas à nos "Namaste", les enfants réclament du chocolat, parfois de l'argent, certains nous jettent des cailloux. Les habitants des lieux sont habitués aux touristes, et ne les aiment visiblement pas.
Nous sommes seuls, légèrement angoissés par notre retour qui approche à grands pas, c'est l'heure des bilans. Que nous réserve l'avenir ? Que nous a apporté ce voyage ? Y avons-nous trouvé ce que nous cherchions ? Avons-nous réussi à lui donner la forme que nous souhaitions ? Et est-ce-que cela valait vraiment la peine ? Et puis, avons-nous changé ? En quoi ? Quelle sera notre relation avec l'environnement que nous avons laissé "là-bas" et que nous nous apprêtons à retrouver ? Tout en ressentant une intense excitation à l'idée de retrouver notre famille, nos amis, les lieux que nous avons toujours connus, nous nous observons de loin, en prenant pour échelle notre propre existence.

Au matin, comme prévu, nous nous dirigeons vers Rashol, à plus de 2500 mètres d'altitude. L'ascencion est éprouvante. Antoine, courageux et compatissant, vide mon sac dans le sien, qui pesait déjà lourd avant l'opération. Il fait chaud, mes cuisses fatiguent, mon coeur bat la chamade. Petit-à-petit, nous trouvons notre rythme, montons les marches, une à une, toujours à la même allure.
Un groupe de jeunes Indiens bruyants nous propose de marcher à leurs côtés. Ils nous posent beaucoup de questions. Nous prenons soin de laisser ces curieux derrière nous ; ils seront notre moteur sur ce chemin bordé de restes de pique-nique et de mauvaises herbes qui font tourner la tête à de nombreux visiteurs de la vallée. Enfin, nous arrivons à destination.
Le village, accessible uniquement à pieds, comporte quatre hôtels. Quelques étrangers sont là en permanence ou presque : un couple de Néo-Zélandais s'essaie à la vie de ferme dans une maison qu'ils louent depuis six semaines, un jeune Israélien se laisse pousser la barbe tout en vivant des bénéfices que lui rapporte la pizzeria qu'il vient d'ouvrir au centre du village. Les Indiens vendent de la "cream" (de la résine de cannabis fraîche) ou de la "ice" (hashish qui, au toucher, évoque de la glace). Et puis, comme partout, les enfants demandent à ce qu'on les prenne en photo ; ils ne se lassent pas de ce jeu.
D'ici, le glacier se fait moins timide, se découvrant doucement. Nous nous renseignons sur le village suivant, Malana. Il serait à six heures d'ici, peut-être plus. Certains nous conseillent de prendre un guide, d'autres pas. La plupart des touristes restent quelques temps à Rashol, puis rentrent à Kassol ; peu nombreux sont ceux qui tentent d'aller voir si, par hasard, l'herbe ne serait pas plus verte dans la vallée voisine.

Au matin, nous nous levons très tôt, achetons de quoi pique-niquer sur la route, puis partons, comme la veille, sur un chemin qui, au départ, est le bon, mais que nous perdons rapidement pour nous retrouver sur un sentier de plus en plus escarpé, mais qui semble emprunté vu les crottes d'animaux dont il est parsemé. Bien sûr, nous n'avons pas jugé utile de louer les services d'un guide. Antoine pense avoir trouvé la bonne route, et moi aussi. Nous nous séparons. Pour chacun de nous, la randonnée ressemble maintenant à de l'escalade. Croyant encore être sur la bonne voie, je ne lâche pas prise, le sommet approche, je crie à Antoine que, puisque je ne peux pas l'attendre là où je suis (ma position étant dangereuse et instable), nous nous rejoindrons sur le pic. Je ne ressens pas de vertige, mais plutôt des frissons quand je me rends compte du vide qui s'est aggrandi doucement derrière moi. Je continue, atteins le sommet. Antoine ne m'a pas entendu. Soudain, je le vois près de moi, affolé. "Mais t'étais où ?? Faut plus jamais qu'on refasse ça !! J'ai cru que t'étais tombée !!!" Puis une voix, au loin "Where are you going ? This is not the road to Malana ! Come on ! Come on !" Soulagés, nous rejoignons ce campement-étape. Enfin, nous voyons le fameux sentier balisé, trouvons les marches. Nous avons déjà perdu pas mal de temps, décidons de poursuivre notre ascension à travers la forêt dont nous aimerions admirer plus longuement les arbres imposants, les fleurs et les rosiers (!). Un peu après midi, nous sommes à 3.620 mètres d'altitude.
Pique-nique, repos, lecture. Nous apercevons le village de Malana au loin.
Nous pensions avoir fait une bonne partie de la route, peut-être la moitié. Il n'en sera rien ; le plus dur nous attend. Un paysan nous dit qu'il nous reste cinq heures de marche si nous y allons d'un bon pas. Nous descendons dans la forêt clairsemée ; des bûcherons coupent des arbres dont certains sont probablement centenaires. Nous croisons des bergers avec leurs troupeaux, des vaches à bosse, des hameaux qu'on croirait tout droit sortis du Moyen-Age.
Une famille porte des vêtements bariolés, qui semblent traditionnels : ils font sûrement partie d'une communauté particulière. Ils ont peur de nous.
Nous devons descendre pour remonter à nouveau, traverser un pont, puis suivre les villageois qui rentrent de leur journée de travail. Nous marchons depuis plus de douze heures. Je m'effondre d'épuisement, pleure, je suis vidée de toutes mes forces. Il nous reste à peine 500 mètres à parcourir, Antoine m'aide, me motive.
Les femmes marchent en groupe ; elles ont la tête couverte d'un foulard style russe, et les oreilles tendues par une ribambelle d'anneaux d'argent ; elles portent sur le dos des fagots de bois, tandis que les hommes, rien ou pas grand-chose. Elles sont terrorisées par notre présence, prenant beaucoup de marge pour ne surtout pas risquer de nous toucher. Lorsque nous sommes assis au bord de la route, mais que nos sacs sont de l'autre côté, elles refusent de passer, nous demandant d'abord de laisser le passage libre. Elles ne nous tournent jamais le dos, ni ne doivent passer de côté : toujours face à nous. Quelles drôles de coutumes... Bien sûr, Antoine feinte de les toucher lorsqu'elles crient Dont touch me ! Don't touch me ! C'est amusant, quelques-unes rient aussi. Les habitants de ce village nous semblent particulièrement superstitieux, c'est signe de manque d'instruction. Une magnifique cascade orne l'entrée du village.
Par terre, de nombreux détritus. C'est sale. Une guesthouse familiale tenue par une grand-mère et ses deux belles-filles, qui sont soeurs. Toutes viennent de Kullu, une petite ville voisine. Elles sont étrangères, donc impures, c'est pourquoi elles peuvent recevoir chez elles des touristes, les toucher, manger avec eux.
Les habitants de Malana se considèrent, eux, comme les purs descendants d'Alexandre le Grand. Ils ne se mélangent pas aux autres. Il doit y avoir beaucoup de problèmes de consanguinité dans ce village.

A l'hôtel, nous n'avons plus rien à penser. Le dîner, la nuit et le petit-déjeuner sont inclus dans un forfait de 150 roupies (3 euros) par jour. La maison est en bois, sculpté par endroits. Des armoires sont inscrustées dans les murs.
Un couloir permet de bien isoler les chambres de l'air frais de la montagne. Je dors un peu, reprends mon souffle. Puis, nous mangeons ensemble, par terre.
Après une bonne nuit de sommeil, nous visitons le village. Le temple est gardé par de vieilles fammes somnolentes qui, hier, ont soudainement injurié Antoine, alors qu'il passait assez loin du lieu de culte. De jeunes hommes nous proposent du hashish. Il est, paraît-il, particulièrement réputé dans la région, on en trouverait jusque dans les coffee-shop d'Amsterdam. Les petits enfants sont contents de nous voir, nous appellent : "Hello ! Hello !", mais leurs aînés ont souvent peur de nous approcher, c'est pesant à la fin. Nous décidons de partir après le repas de midi. Pour rire, nous proposons de bloquer le chemin pour racketer les passants : puisque nous les terrorisons, autant en profiter ! C'est le monde à l'envers ici...

Nous partons vers Jari : rejoignons la rivière, puis suivons sur une route sinueuse creusée récemment afin de permettre à des camions de circuler. Comme nous l'espérions, l'un d'eux nous prend en stop. Carrières grises, travaux centrés sur la centrale hydro-électrique qui alimente toute la région en énergie, jusqu'à Delhi.
Pause dans une cabane tenue par une Tibétaine pour les ouvriers. Au choix, thé à la menthe ou masala (au lait chaud, à base d'épices et notamment de cannelle). Nous attrapons un autre camion-remorque, et nous asseyons à l'arrière, avec les autres passagers, pour le même prix qu'eux. Ca secoue beaucoup, ça nous aumse d'autant plus.
Dans la remorque d'un camion. On a du s'y reprendre à plusieurs fois pour avoir une photo correcte...
Si nous avions marché, cette journée aurait été aussi éreintante que la précédente, voire plus encore. Jari se trouve bien plus loin que ce que nous pensions. Là-bas, après avoir acheté une bouteille de vodka pour fêter notre retour, nous attrapons un bus pour Kashol. La dernière randonnée de notre voyage est terminée. Elle aura été l'une des plus difficiles.
Retrouvailles joyeuses avec Erez et Yaara, Lisa et Ramington. Nous rencontrons aussi un couple originaire de Guyane française, qui termine bientôt son tour du monde d'un an. Nous discutons de leur pays ; pensant à la forte proportion d'enfants de bagnards dans leur population, je demande si la délinquance y est plus forte qu'ailleurs. Nathalie, qui semblait plutôt introvertie, me répond de façon indirecte et légèrement agressive C'est pas génétique !, dit-elle, avec un rictus fier affiché sur ses lèvres. Je réponds que d'autres facteurs peuvent entrer en compte dans la question. Avec le recul du voyage, je ne me vexe pas, mais identifie là une réaction que je perçois comme très française. Avant de répondre à une question qui peut paraître ridicule à ses yeux, l'interlocuteur juge, se moque, puis, afin de paraître aimable aux yeux de son public, partage ses connaissances avec l'ignorant qu'il tient en face de lui. J'avais oublié cette façon de faire, qui me paraissait, à moi aussi, naturelle il y a peu. Aujourd'hui, j'y vois de l'arrogance et un réel handicap dans la communication. Ces mots que l'on n'ose pas dire, que l'on garde pour soi de peur de paraître ridicule. Ce manque entraîne de la solitude, peut faire souffrir, un peu, beaucoup, parfois trop. Aller vers les autres, essayer de les comprendre puis y arriver, c'est aussi les aimer. Une touriste rencontrée au Laos, m'avait dit : "Quand tu voyages, tu apprends à aimer les gens". Aujourd'hui, je comprends ce qu'elle avait voulu dire.
Je pense également à la fameuse "diplomatie française" dont les chauvins tirent leur fierté : la langue de bois, les mots tabous, les mots qui, plus généralement, n'aident pas à trouver des solutions aux problèmes de société.
Nous nous tournons vers nos amis canadiens et israéliens, savourons ces derniers instants en leur compagnie, discutant, buvant et riant autour du feu. Au nouveau, nous mangeons tibétain. Nous parlons du Rajasthan, que nous commençons à regretter de ne pas avoir visité. Nos compagnons de route nous le rappellent souvent, pour nous provoquer gentiment. Ce sera l'occasion pour nous de revenir en Inde !
Conscients du peu de temps qu'il nous reste et des prix ridiculement bas qui sont pratiqués dans les magasins, nous achetons des vêtements, des sacs, des bijoux et d'autres accessoires qui nous tentent, tout en pensant à agrémenter notre garde de robe de couleurs dont elle n'est pas pourvue, afin d'y créer l'équilibre que nous a conseillé notre professeur de massages, Mahinder.
Un matin, nous recevons la visite de Shiva en personne ! C'est un homme à l'allure efféminée, dont la peau est peinte en bleu, et dont les artifices indiquent à quel dieu il souhaite ressembler. Des enfants le suivent. Il mendie, se laisse prendre en photo, nous taquine. Nous en discuterons avec Ramington qui nous renseigne sur la question : la communauté que nous prenions pour homosexuelle se définit comme étant celle d'un troisième sexe. Ses membres sont souvent castrés. On les appelle "hijra". Ces eunuques sont reconnus dans l'état du Tamil-Nadu comme un genre à part entière. Selon de récents articles de presse, l'illégalité des "relations contre-nature", décrétée par le code pénal instauré par les Britanniques et toujours en vigueur dans le pays, serait actuellement remise en question par la Cour suprême indienne.
Deux articles pour mieux comprendre les hijra :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hijra_(Inde)
http://www.teva.fr/actualite/255986-eunuques-arvavanis-hijras-inde-castes-statut.html
Le jour que nous redoutions arrive, Erez et Yaara nous quittent, Lisa et Ramington aussi. Ce sont les derniers amis à qui nous faisons nos adieux. Leur départ marque le début de la fin du voyage. Nous les invitons à venir nous voir en France, ils nous attendent, pour les uns en Israël, pour les autres au Canada. Peut-être ? Qui sait ? Ptèt ben qu'oui, ptèt ben qu'non ? Nous reviendrons d'abord en Normandie !
Dernier petit-déjeuner. Nous sommes seuls avec les propriétaires des lieux. Lui, est bouddhiste, elle, hindoue de la caste des brahmanes. Leur mariage est d'amour, et il fut bien accepté dans les deux familles. Un bel exemple de tolérance.
Direction New Delhi
Depuis le bus qui nous emmène à New Delhi, nous voyons partout des marques de la victoire du parti du Congrès aux élections législatives. Nous prenons beaucoup de photos, nous montrons avides d'images, de senteurs, de rencontres, souhaitant faire durer le voyage encore un peu plus.
Nous savourons chaque instant du film Bollywood qui passe sur l'écran accroché au-dessus de nos têtes, apprécions les chorégraphies typiquement indiennes, les musiques, les dialogues que nous comprenons autrement que nos voisins.
Mais inexorablement, nous nous dirigeons vers New Delhi, et donc Bombay, Londres, puis Le Havre et Rouen. La suite au prochain épisode !
A mesure que nous approchons de notre destination, les paysages se découvre de plus en plus beaux, une vallée apparaît, surplombée par des palmiers poussant à flanc de montagne.
Vidéo de la procession rencontrée sur le chemin
En fin de journée, nous arrivons dans une cité envahie par la jeunesse israélienne ; on nous salue par un "Shalom" ; autour de nous, des panneaux en bois sur lesquels des écritures sont peintes à la main en anglais et en hébreu, nous informent des services qu'offrent les agences de voyage, du menu des restaurants, et des commodités des hôtels.
Souvenirs de notre Normandie (presque) natale : la végétation verdoyante est gorgée d'eau, il fait frais et humide.
Ca sent la montagne, le Tibet
Les garçons se chargent de nous trouver un gîte, puis de le réserver, tandis que nous les attendons, au chaud, dans un restaurant, gardant les affaires. Alors que nous pourrions goûter à des spécialités israéliennes, nous optons plutôt pour de délicieuses "momo" accompagnés de soupe et de pâtes faites maison, à la manière mongole, dans un minuscule restaurant tibétain, où nous aurons nos habitudes pour le reste du séjour. Le chalet de bois trouvé par notre ami Ramington, est tenu par une gentille famille indienne ; nous nous réchauffons au coin du poêle avant de nous plonger dans les lits froids, sous de lourdes couvertures. Je suis heureuse de retrouver un peu d'hiver dans l'air frais des montagnes après avoir vécu sous une telle chaleur, senti tant de poussière et respiré tant de pollution.
Nous sommes un peu en Israël
Ici, nous en apprendrons beaucoup sur les Israëliens, et en particulier sur cette tranche de population qui, après avoir subi deux années de service militaire, s'enfuit en groupe dans des régions reculées du monde où les paysages sont beaux, les habitants accueillants et peu nombreux, et où souffle ce vent de liberté qui leur a tant manqué. Nos amis, Erez et Yaara, ressentent un vertige devant l'omniprésence de leur culture et de leur génération. Dans les bars, ambiance de free partys où circuleraient beaucoup de drogues hallucinogènes, musique électronique, trance psychédélique avec beaucoup de basses, pas franchement positive ; la langue officielle du lieu est l'hébreu, les plats sont, par défaut, israéliens.On se sent bien, dans la nature...
A ces fêtes qui ne nous ressemblent pas, nous préférons le calme de la vallée, ses paysages ennivrants de beauté, l'odeur des pins, de la forêt, la couleur des rochers, la sensation de l'eau fraîche caressant nos pieds lorsque nous pénétrons dans la rivière dont nous voyons clairement la source au loin, dans les monts enneigés.
Il nous reste une petite semaine de voyage avant de prendre l'avion pour l'Europe. Ce lieu nous plaît, nous décidons d'en profiter, de la manière qui nous semble la meilleure : rester ici, se prélasser au soleil, boire du bon thé en jouant au backgammon avec nos amis israéliens et canadiens, discuter avec eux de tout et de rien, de leurs cultures, de la nôtre, de nos opinions, se promener au gré des vents, croiser des troupeaux de boucs et de chèvres, sourire aux bergers, aux femmes vêtues de mille-et-une couleurs, lire un bon roman japonais troqué dans un hôtel, s'imprégner de la nature environnante, sans la brusquer. Le temps est éternel. Le bonheur est ici, maintenant, en nous.
Départ en randonnée
Après trois jours, nous décidons de nous quitter ; chaque couple souhaiterait partir en randonnée, découvrir les villages alentours sans avoir l'air de trop s'y imposer. Les groupes sont intimidants, forment une bulle qu'il est difficile de briser, pour ceux qui y sont enfermés comme pour ceux qu'elle rencontre. Nous partons donc à deux, en direction du village de Rashol, prévoyant de faire une petite boucle qui nous fera franchir un col, visiter une cité qui, quoique vivante, semble enfouie dans le passé, et enfin rentrer à Kassol par un autre chemin.
Nous laissons une partie de nos affaires à l'hôtel, puis partons sur ce que nous croyons être la bonne route. Quelques détours, quelques doutes, puis nous trouvons notre chemin. Nous demandons aux randonneurs et aux bergers que nous croisons combien de temps il nous faudra pour atteindre le village. Nous ne prévoyons plus deux heures, mais quatre, voire six.
Un touriste Israélien nous prévient Comme t'es chargé, t'en auras pour la journée !! Allez ! Profite bien de la randonnée avec ton sac bien lourd ! C'est mal parti... La motivation fait tout ; là, malgré quelques encouragements (que je trouve, pour le coup, plutôt moqueurs), elle n'y est pas. Il est déjà presque seize heures : trop tard pour se lancer dans une ballade qui paraît bien plus longue que prévu. Au grand dam d'Antoine, j'insiste pour rester au pied de la montagne, et de ne partir que le lendemain matin, tôt.
Dans ce village entouré de plants de cannabis poussant comme des herbes folles, on ne répond pas à nos "Namaste", les enfants réclament du chocolat, parfois de l'argent, certains nous jettent des cailloux. Les habitants des lieux sont habitués aux touristes, et ne les aiment visiblement pas.
Nous sommes seuls, légèrement angoissés par notre retour qui approche à grands pas, c'est l'heure des bilans. Que nous réserve l'avenir ? Que nous a apporté ce voyage ? Y avons-nous trouvé ce que nous cherchions ? Avons-nous réussi à lui donner la forme que nous souhaitions ? Et est-ce-que cela valait vraiment la peine ? Et puis, avons-nous changé ? En quoi ? Quelle sera notre relation avec l'environnement que nous avons laissé "là-bas" et que nous nous apprêtons à retrouver ? Tout en ressentant une intense excitation à l'idée de retrouver notre famille, nos amis, les lieux que nous avons toujours connus, nous nous observons de loin, en prenant pour échelle notre propre existence.
Au matin, comme prévu, nous nous dirigeons vers Rashol, à plus de 2500 mètres d'altitude. L'ascencion est éprouvante. Antoine, courageux et compatissant, vide mon sac dans le sien, qui pesait déjà lourd avant l'opération. Il fait chaud, mes cuisses fatiguent, mon coeur bat la chamade. Petit-à-petit, nous trouvons notre rythme, montons les marches, une à une, toujours à la même allure.
Un groupe de jeunes Indiens bruyants nous propose de marcher à leurs côtés. Ils nous posent beaucoup de questions. Nous prenons soin de laisser ces curieux derrière nous ; ils seront notre moteur sur ce chemin bordé de restes de pique-nique et de mauvaises herbes qui font tourner la tête à de nombreux visiteurs de la vallée. Enfin, nous arrivons à destination.
Le village, accessible uniquement à pieds, comporte quatre hôtels. Quelques étrangers sont là en permanence ou presque : un couple de Néo-Zélandais s'essaie à la vie de ferme dans une maison qu'ils louent depuis six semaines, un jeune Israélien se laisse pousser la barbe tout en vivant des bénéfices que lui rapporte la pizzeria qu'il vient d'ouvrir au centre du village. Les Indiens vendent de la "cream" (de la résine de cannabis fraîche) ou de la "ice" (hashish qui, au toucher, évoque de la glace). Et puis, comme partout, les enfants demandent à ce qu'on les prenne en photo ; ils ne se lassent pas de ce jeu.
D'ici, le glacier se fait moins timide, se découvrant doucement. Nous nous renseignons sur le village suivant, Malana. Il serait à six heures d'ici, peut-être plus. Certains nous conseillent de prendre un guide, d'autres pas. La plupart des touristes restent quelques temps à Rashol, puis rentrent à Kassol ; peu nombreux sont ceux qui tentent d'aller voir si, par hasard, l'herbe ne serait pas plus verte dans la vallée voisine.
Au matin, nous nous levons très tôt, achetons de quoi pique-niquer sur la route, puis partons, comme la veille, sur un chemin qui, au départ, est le bon, mais que nous perdons rapidement pour nous retrouver sur un sentier de plus en plus escarpé, mais qui semble emprunté vu les crottes d'animaux dont il est parsemé. Bien sûr, nous n'avons pas jugé utile de louer les services d'un guide. Antoine pense avoir trouvé la bonne route, et moi aussi. Nous nous séparons. Pour chacun de nous, la randonnée ressemble maintenant à de l'escalade. Croyant encore être sur la bonne voie, je ne lâche pas prise, le sommet approche, je crie à Antoine que, puisque je ne peux pas l'attendre là où je suis (ma position étant dangereuse et instable), nous nous rejoindrons sur le pic. Je ne ressens pas de vertige, mais plutôt des frissons quand je me rends compte du vide qui s'est aggrandi doucement derrière moi. Je continue, atteins le sommet. Antoine ne m'a pas entendu. Soudain, je le vois près de moi, affolé. "Mais t'étais où ?? Faut plus jamais qu'on refasse ça !! J'ai cru que t'étais tombée !!!" Puis une voix, au loin "Where are you going ? This is not the road to Malana ! Come on ! Come on !" Soulagés, nous rejoignons ce campement-étape. Enfin, nous voyons le fameux sentier balisé, trouvons les marches. Nous avons déjà perdu pas mal de temps, décidons de poursuivre notre ascension à travers la forêt dont nous aimerions admirer plus longuement les arbres imposants, les fleurs et les rosiers (!). Un peu après midi, nous sommes à 3.620 mètres d'altitude.
Pique-nique, repos, lecture. Nous apercevons le village de Malana au loin.
Nous pensions avoir fait une bonne partie de la route, peut-être la moitié. Il n'en sera rien ; le plus dur nous attend. Un paysan nous dit qu'il nous reste cinq heures de marche si nous y allons d'un bon pas. Nous descendons dans la forêt clairsemée ; des bûcherons coupent des arbres dont certains sont probablement centenaires. Nous croisons des bergers avec leurs troupeaux, des vaches à bosse, des hameaux qu'on croirait tout droit sortis du Moyen-Age.
Une famille porte des vêtements bariolés, qui semblent traditionnels : ils font sûrement partie d'une communauté particulière. Ils ont peur de nous.
Nous devons descendre pour remonter à nouveau, traverser un pont, puis suivre les villageois qui rentrent de leur journée de travail. Nous marchons depuis plus de douze heures. Je m'effondre d'épuisement, pleure, je suis vidée de toutes mes forces. Il nous reste à peine 500 mètres à parcourir, Antoine m'aide, me motive.
Les femmes marchent en groupe ; elles ont la tête couverte d'un foulard style russe, et les oreilles tendues par une ribambelle d'anneaux d'argent ; elles portent sur le dos des fagots de bois, tandis que les hommes, rien ou pas grand-chose. Elles sont terrorisées par notre présence, prenant beaucoup de marge pour ne surtout pas risquer de nous toucher. Lorsque nous sommes assis au bord de la route, mais que nos sacs sont de l'autre côté, elles refusent de passer, nous demandant d'abord de laisser le passage libre. Elles ne nous tournent jamais le dos, ni ne doivent passer de côté : toujours face à nous. Quelles drôles de coutumes... Bien sûr, Antoine feinte de les toucher lorsqu'elles crient Dont touch me ! Don't touch me ! C'est amusant, quelques-unes rient aussi. Les habitants de ce village nous semblent particulièrement superstitieux, c'est signe de manque d'instruction. Une magnifique cascade orne l'entrée du village.
Par terre, de nombreux détritus. C'est sale. Une guesthouse familiale tenue par une grand-mère et ses deux belles-filles, qui sont soeurs. Toutes viennent de Kullu, une petite ville voisine. Elles sont étrangères, donc impures, c'est pourquoi elles peuvent recevoir chez elles des touristes, les toucher, manger avec eux.
Les habitants de Malana se considèrent, eux, comme les purs descendants d'Alexandre le Grand. Ils ne se mélangent pas aux autres. Il doit y avoir beaucoup de problèmes de consanguinité dans ce village.
A l'hôtel, nous n'avons plus rien à penser. Le dîner, la nuit et le petit-déjeuner sont inclus dans un forfait de 150 roupies (3 euros) par jour. La maison est en bois, sculpté par endroits. Des armoires sont inscrustées dans les murs.
Un couloir permet de bien isoler les chambres de l'air frais de la montagne. Je dors un peu, reprends mon souffle. Puis, nous mangeons ensemble, par terre.
Après une bonne nuit de sommeil, nous visitons le village. Le temple est gardé par de vieilles fammes somnolentes qui, hier, ont soudainement injurié Antoine, alors qu'il passait assez loin du lieu de culte. De jeunes hommes nous proposent du hashish. Il est, paraît-il, particulièrement réputé dans la région, on en trouverait jusque dans les coffee-shop d'Amsterdam. Les petits enfants sont contents de nous voir, nous appellent : "Hello ! Hello !", mais leurs aînés ont souvent peur de nous approcher, c'est pesant à la fin. Nous décidons de partir après le repas de midi. Pour rire, nous proposons de bloquer le chemin pour racketer les passants : puisque nous les terrorisons, autant en profiter ! C'est le monde à l'envers ici...
Nous partons vers Jari : rejoignons la rivière, puis suivons sur une route sinueuse creusée récemment afin de permettre à des camions de circuler. Comme nous l'espérions, l'un d'eux nous prend en stop. Carrières grises, travaux centrés sur la centrale hydro-électrique qui alimente toute la région en énergie, jusqu'à Delhi.
Pause dans une cabane tenue par une Tibétaine pour les ouvriers. Au choix, thé à la menthe ou masala (au lait chaud, à base d'épices et notamment de cannelle). Nous attrapons un autre camion-remorque, et nous asseyons à l'arrière, avec les autres passagers, pour le même prix qu'eux. Ca secoue beaucoup, ça nous aumse d'autant plus.
Si nous avions marché, cette journée aurait été aussi éreintante que la précédente, voire plus encore. Jari se trouve bien plus loin que ce que nous pensions. Là-bas, après avoir acheté une bouteille de vodka pour fêter notre retour, nous attrapons un bus pour Kashol. La dernière randonnée de notre voyage est terminée. Elle aura été l'une des plus difficiles.
De retour à Kashol, avec nos amis
Retrouvailles joyeuses avec Erez et Yaara, Lisa et Ramington. Nous rencontrons aussi un couple originaire de Guyane française, qui termine bientôt son tour du monde d'un an. Nous discutons de leur pays ; pensant à la forte proportion d'enfants de bagnards dans leur population, je demande si la délinquance y est plus forte qu'ailleurs. Nathalie, qui semblait plutôt introvertie, me répond de façon indirecte et légèrement agressive C'est pas génétique !, dit-elle, avec un rictus fier affiché sur ses lèvres. Je réponds que d'autres facteurs peuvent entrer en compte dans la question. Avec le recul du voyage, je ne me vexe pas, mais identifie là une réaction que je perçois comme très française. Avant de répondre à une question qui peut paraître ridicule à ses yeux, l'interlocuteur juge, se moque, puis, afin de paraître aimable aux yeux de son public, partage ses connaissances avec l'ignorant qu'il tient en face de lui. J'avais oublié cette façon de faire, qui me paraissait, à moi aussi, naturelle il y a peu. Aujourd'hui, j'y vois de l'arrogance et un réel handicap dans la communication. Ces mots que l'on n'ose pas dire, que l'on garde pour soi de peur de paraître ridicule. Ce manque entraîne de la solitude, peut faire souffrir, un peu, beaucoup, parfois trop. Aller vers les autres, essayer de les comprendre puis y arriver, c'est aussi les aimer. Une touriste rencontrée au Laos, m'avait dit : "Quand tu voyages, tu apprends à aimer les gens". Aujourd'hui, je comprends ce qu'elle avait voulu dire.
Je pense également à la fameuse "diplomatie française" dont les chauvins tirent leur fierté : la langue de bois, les mots tabous, les mots qui, plus généralement, n'aident pas à trouver des solutions aux problèmes de société.
Nous nous tournons vers nos amis canadiens et israéliens, savourons ces derniers instants en leur compagnie, discutant, buvant et riant autour du feu. Au nouveau, nous mangeons tibétain. Nous parlons du Rajasthan, que nous commençons à regretter de ne pas avoir visité. Nos compagnons de route nous le rappellent souvent, pour nous provoquer gentiment. Ce sera l'occasion pour nous de revenir en Inde !
Conscients du peu de temps qu'il nous reste et des prix ridiculement bas qui sont pratiqués dans les magasins, nous achetons des vêtements, des sacs, des bijoux et d'autres accessoires qui nous tentent, tout en pensant à agrémenter notre garde de robe de couleurs dont elle n'est pas pourvue, afin d'y créer l'équilibre que nous a conseillé notre professeur de massages, Mahinder.
Un matin, nous recevons la visite de Shiva en personne ! C'est un homme à l'allure efféminée, dont la peau est peinte en bleu, et dont les artifices indiquent à quel dieu il souhaite ressembler. Des enfants le suivent. Il mendie, se laisse prendre en photo, nous taquine. Nous en discuterons avec Ramington qui nous renseigne sur la question : la communauté que nous prenions pour homosexuelle se définit comme étant celle d'un troisième sexe. Ses membres sont souvent castrés. On les appelle "hijra". Ces eunuques sont reconnus dans l'état du Tamil-Nadu comme un genre à part entière. Selon de récents articles de presse, l'illégalité des "relations contre-nature", décrétée par le code pénal instauré par les Britanniques et toujours en vigueur dans le pays, serait actuellement remise en question par la Cour suprême indienne.
Deux articles pour mieux comprendre les hijra :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hijra_(Inde)
http://www.teva.fr/actualite/255986-eunuques-arvavanis-hijras-inde-castes-statut.html
Toutes les bonnes choses ont une fin...
Le jour que nous redoutions arrive, Erez et Yaara nous quittent, Lisa et Ramington aussi. Ce sont les derniers amis à qui nous faisons nos adieux. Leur départ marque le début de la fin du voyage. Nous les invitons à venir nous voir en France, ils nous attendent, pour les uns en Israël, pour les autres au Canada. Peut-être ? Qui sait ? Ptèt ben qu'oui, ptèt ben qu'non ? Nous reviendrons d'abord en Normandie !
Dernier petit-déjeuner. Nous sommes seuls avec les propriétaires des lieux. Lui, est bouddhiste, elle, hindoue de la caste des brahmanes. Leur mariage est d'amour, et il fut bien accepté dans les deux familles. Un bel exemple de tolérance.
Direction New Delhi
Depuis le bus qui nous emmène à New Delhi, nous voyons partout des marques de la victoire du parti du Congrès aux élections législatives. Nous prenons beaucoup de photos, nous montrons avides d'images, de senteurs, de rencontres, souhaitant faire durer le voyage encore un peu plus.
Nous savourons chaque instant du film Bollywood qui passe sur l'écran accroché au-dessus de nos têtes, apprécions les chorégraphies typiquement indiennes, les musiques, les dialogues que nous comprenons autrement que nos voisins.
Mais inexorablement, nous nous dirigeons vers New Delhi, et donc Bombay, Londres, puis Le Havre et Rouen. La suite au prochain épisode !

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