Vous êtes ici dans la partie "carnet de route" du
projet d'échange culturel basé sur les jeux autour du monde,
que nous avons réalisé de décembre 2007 à juin 2009.

mardi 2 juin 2009

Nilgiri Hills - les montagnes Nilgiri


Nous sommes à Udhagamandalam, rebaptisée Ooty par les Britanniques dont les premiers arrivèrent là en 1818. Altitude : 2.286 mètres

Il fait froid, tous les hôtels sont pleins, pourtant nous ne voyons pas d'Occidentaux.

Bus vers Kothagiri, plus calme. Altitude : 1.980 mètres. C'est là que nous nous installons. En bus, nous allons voir un panorama.


Tout autour de nous, des touristes indiens nous prennent en photo. Un habitant de la vallée, avec qui il nous est difficile de communiquer faute de langue commune, nous paie notre ticket de bus, nous accompagne un peu partout, nous suit, nous montre un bon restaurant. Il veut nous paraître sympathique, mais nous nous demandons ce qu'il veut de nous. En insistant un peu, nous comprenons : en échange d'un peu d'argent, il se propose de nous guider où nous le souhaitons. Nous aimerions visiter une usine à thé. Il nous la trouve, demande pour nous l'autorisation d'y entrer. C'est aujourd'hui samedi, son activité est arrêtée. Cela n'empêche pas un jeune guide parlant très bien l'anglais de nous faire imaginer comment sont traitées les feuilles vertes qui finissent conditionnées sous une forme bien différente de celle de départ.

Avant de devenir de petits morceaux bruns que l'on infuse, on les fait chauffer, les humidifie, les coupe, puis les sèche.

On effectue tout ceci plusieurs fois, dans le même ordre. Tandis qu'elles sont réduites en de morceaux de plus en plus fins, on en écarte les déchets : tout ce qui est trop léger (filaments, poussière), et qui en ferait baisser la qualité. Enfin, le thé sous la forme que nous connaissons est envoyé dans des sacs de toile. Il faut cinq à six kilos de feuilles de thé vertes pour obtenir un kilo de produit final.


Après cette visite, notre guide attitré, celui qui n'est pas très causant, nous emmène voir une cascade.


C'est là que nous lui payons ce que nous estimons être un bon prix (même si, comme nous nous en doutions, il en demande plus). Après avoir profité du paysage, nous remontons le sentier, le perdons, nous enfonçons dans des champs de thé, et retrouvons finalement une route où une remorque, puis nos pieds, puis une voiture, puis un bus nous ramènent à notre "chez-nous" temporaire.

Ce soir, on nous sert un magnifique dosa en cône ; nous commandons également du curd (lait caillé) afin d'éviter les troubles d'estomac.


Le jour de Pâques, nous nous régalons de quelques chocolats importés (ce n'est pas vraiment une spécialité indienne), puis partageons un repas avec un couple vivant à Auroville, près de Pondichery. Lui, est Indien et vit là-bas depuis une dizaine d'années. Elle, est Italienne d'origine, habite dans cette drôle de ville depuis vingt-cinq ans environ ; elle est artiste. Tous deux ont la cinquantaine. Nous hésitons à les suivre vers l'est pour voir de plus près cette expérience d'une société idéale, issue du mouvement hippie, où se mélangent environ 75 nationalités. Ce qu'ils nous en disent : la propriété privée n'existe pas telle qu'on la conçoit communément. Chacun peut construire sa propre maison, qu'il possède tant qu'il y vit, mais qu'il ne peut céder ni à ses enfants, ni à personne d'autre. A sa mort, ce bâtiment est légué à la communauté qui est, bien sûr, soumise aux lois indiennes, mais également à son propre règlement dont les premiers articles furent rédigés par "La Mère" (fondatrice du lieu). Ce sont les plus anciens habitants d'Auroville qui se chargent de l'améliorer et de l'adapter selon les exigences du moment. En ce moment, par exemple, la communauté régissante se trouve face à des problèmes de taille : quelle retraite pour la première vague de population arrivée dans les années soixante-soixante-dix à l'âge de vingt ans ? Comment gérer une population de plus en plus nombreuse ? Elle réfléchit aussi à une nouvelle expérience : supprimer totalement l'argent des échanges de biens. Tandis que nous discutons, j'entrevois une limite à cette société "idéale" : notre amie semble dire que tout est fait pour la communauté, mais rien pour l'individu et son bien-être personnel. Je lui pose la question directement, elle semble gênée, ne répond pas. La critique serait-elle malvenue dans ce modèle de perfection ? Ou peut-être personne ne veut avouer que cet idéal de société a ses défauts ? Ce que nous lisons dans des récits de voyage publiés sur internet ne nous attire pas vraiment : la vie serait chère pour les habitants de passage, trop stricte (seule une heure de méditation autorisée dans la sphère dorée, symbole de la ville, après quoi quelqu'un se charge de t'en faire sortir) ; et puis il n'y aurait pas de réelle démocratie dans le sens où seule une élite dirigeante propose de nouvelles expériences et des changements dans le règlement. Alors qu'en est-il réellement ? Nous ne le saurons pas car, même si nous trouvons l'idée intéressante, nous avons décidé de ne pas y aller et de continuer vers l'ouest en direction du Kerala.


Mais avant cela, nous nous promenons encore un peu dans le marché, et nous amusons de tout ce qui nous paraît curieux : sacs en plastique cousus à la main comme des scoubidous, bananes rouges, et autres fruits que nous n'avons su identifier. A même le trottoir, un homme tient une minuscule boutique où il reluit des bijoux en argent, près de lui, un autre confectionne des colliers de fleurs fraîches que les femmes attachent à leurs cheveux, plus loin, par terre également, un cordonnier se propose de cirer nos chaussures ou de les réparer.

Pour le plaisir, nous nous arrêtons dans un salon de thé qui donne sur deux rues différentes. Comme à Mysore, nous sommes alignés le long du mur. Nous nous délectons de pâtisseries ainsi que de thé lacté au goût de cannelle.


Enfin, nous quittons la région en beauté, empruntant un train qui, quoique incroyablement lent, nous semble fantastique ! Son apparence, sa mécanique, sa musique datent du 19e siècle. Les touristes indiens s'y pressent et nous aussi ! Avec lui, nous redescendrons à 326 mètres au-dessus du niveau de la mer, passerons sur des cols vertigineux, le tout en quatre heures et demie pour n'effectuer que 46 kilomètres ! Mais c'est tellement drôle : chaque fois que nous passons dans un des seize tunnels, tous nos voisins crient comme s'ils étaient dans un train fantôme, et à notre tour nous imitons des cris d'animaux pour leur plus grand plaisir. Ils se prennent en photo, nous prennent en photo, prennent en photo le paysage, le train, le compartiment. Autant vous dire que l'ambiance est plus joyeuse encore qu'habituellement.


Après une petite photo de groupe, nous poursuivons notre trajet vers Coimbatore, une ville industrielle dont les couleurs grises et la tristesse ambiante contrastent à l'extrême avec ce que nous venons de vivre. Là, malgré nos espérances, nous ne trouvons que des véhicules de transport public : pas de bus couchettes pour la côté ouest du pays. On nous explique qu'il y en a à Pallakad, juste avant de nous faire monter à la hâte dans un car qui nous y emmène. Lorsque nous y arrivons, il est presque minuit, l'heure de trouver un hôtel aussi loin que possible des terribles explosions de pétards qui annoncent une fête religieuse pour le lendemain. Renseignements pris, rien n'aura lieu dehors, au vu de tous. Nous ne pourrons donc pas y participer.


4 commentaires:

bnet a dit…

Vous avez l'air en forme ça fait plaisir à voir :)

Portez-vous bien !

as a dit…

j'ai oublie que existe ce blog :), maintenat je sais que vous etez en Inde :)

as a dit…

bon chance!

Anonyme a dit…

Des bonnes histoires de l'Inde.
Merci pour les partager.

Kees et Jocelyne