Vous êtes ici dans la partie "carnet de route" du
projet d'échange culturel basé sur les jeux autour du monde,
que nous avons réalisé de décembre 2007 à juin 2009.

mardi 26 mai 2009

Sathyamangalam, une ville lambda

De drôles de statues divinatoires plantées au milieu de la campagne

En tant que donatrice régulière de l'association Aide et Action, je souhaite rendre visite à l'école que je sponsorise dans l'Etat du Tamil Nadu.

Le réseau ferroviaire indien étant vaste, nous en profitons très souvent, par sessions de vingt minutes, ou quelques jours. Ses adeptes sont nombreux, c'est pourquoi, faute de place, Antoine devra régulièrement s'asseoir en hauteur, sur le porte-bagages, aux côtés d'autres hommes ou enfants. Dans les allées, comme en Russie, déambulent des marchands proposant du thé, du café, des fruits, des gâteaux sucrés ou salés, des journaux, et divers autres produits. Les chants qu'ils répètent inlassablement tels des mantras, semblent moins destinés à nous informer de ce qu'ils ont à vendre qu'à nous hypnotiser. S'entremêlant tous ensemble, rythmés par la mécanique régulière des roues évoluants sur les chemins de fers, ils forment une mélodie complexe, qui, alors que nous savons qu'elle est, par essence, toujours changeante, nous semble immuable d'un wagon à l'autre, d'une station à l'autre, d'une région à l'autre.

C'est ainsi, l'esprit encore endolori par ces nuées de vendeurs, que nous atteignons la ville de Erode. C'est un drôle de bus, pourtant public, qui nous conduit à la gare routière. C'est juste incroyable. A l'intérieur, la musique est si forte que les basses sont saturées, chaque rangée de sièges est agrémentée d'une lumière de couleur différente. Voilà une des nombreuses raisons pour lesquelles, en Inde, il nous est juste impossible d'être de mauvaise humeur. Tout heureux, nous prenons le bus pour Sathyamangalam.

Dans les locaux d'Aide et Action, les cinq salariés de l'organisation qui oeuvre pour l'éducation, et notamment celle des petites filles, nous présentent leurs actions. Un petit article sur le site du projet pour vous présenter l'école.

Notre visite n'est en fait qu'un prétexte pour :
- voir un lieu qui ne soit pas touristique
- réaliser notre projet dans cette école

Les enfants mangent leur repas de midi à l'école

Au matin, ils nous conduisent à moto dans l'école située dans les montagnes, à une bonne heure de route de la ville. Lorsque nous arrivons, les enfants nous saluent en choeur "Good morning sir ! Good morning madam !" Mais contrairement à nos attentes, ils n'ont pas collecté de jeux.


Nous nous présentons, puis effectuons ce travail préparatoire avec eux, en essayant de les motiver du mieux que nous le pouvons. Avec l'expérience, nous sommes plus philosophes et détachés du projet que nous ne l'étions en Afrique, nous adaptant à la situation sans trop en demander à nos interlocuteurs. Nous savons aussi que l'ambiance doit rester détendue afin que l'échange soit fructueux, et surtout que les enfants y prennent du plaisir.

Préparation des jeux

Habituellement, nous prenons connaissance des jeux avec leurs règles avant que les enfants ne nous les montrent. Ici, la séance étant peu préparée, toutes les étapes ont lieu en même temps, ou presque.

Jeu de la tomate

Bien sûr, la confusion est totale : les adultes (membres de l'équipe et professeurs) ne sont souvent pas d'accord entre eux, et nous font bien rire dans ces moments-là.

Un jeu indien

Malgré tout, ils mettent beaucoup de bonne volonté à leur tâche, et l'échange sera un succès à tous les niveaux. Voyez plutôt par vous-mêmes !

Avec mon filleul Praveen

Le lendemain, l'équipe, quoique toujours aux petits soins avec nous, est plus détendue. On me présente mon filleul, bien coiffé pour l'occasion et très intimidé par la situation. On nous met en scène afin d'immortaliser cette rencontre. Puis, comme on me le demande, je serre la main du directeur, nous prenons la pose tout en fixant l'objectif. Ca fait très "délégation officielle", c'est amusant.


Enfin, on nous présente celles qui tiennent les rênes du village, les présidentes de groupes de discussion exclusivement féminins formés tout récemment par l'ONG. Leurs implications sont diverses et dépendent des préoccupations du moment : questions liées à l'agriculture, à l'éducation, à la santé, problèmes personnels, etc. Elles résolvent ces situations délicates par le dialogue, puis par l'allocation d'un prêt à un taux avantageux, négocié pour elles par l'organisme. Autre résultat, cette communauté est devenue plus solidaire, donc plus puissante et le village s'est ouvert sur l'extérieur. Ces femmes au regard fier nous laissent une forte impression.


Le jour où nous avons prévu de quitter la ville de Sathyamangalam, nous assistons à de grandes cérémonies menées par la communauté chrétienne. Dans notre hôtel, dès sept heures du matin, des femmes chantent afin d'appeler à la prière. C'est aujourd'hui vendredi saint. En Inde, quoique cette religion ne soit pas traditionnellement dominante, ce jour est férié comme il se doit. Ici, toutes les religions ont leur place. L'office commence à dix heures ; nous y sommes. Je pense à ma famille qui, je l'imagine, observera bientôt les mêmes rituels que moi en ce moment, à quelques différences près... Quand nous arrivons, le pasteur vient vers nous, puis nous salue. Il aimerait que j'intervienne devant ses fidèles afin de leur dire quelques mots. Je suis intimidée, refuse. Puis, il réitère sa proposition d'une autre façon : peut-être pourrais-je prier pour eux ? J'y réfléchis, puis me présente face à eux.


La communauté, essentiellement féminine, semble en transe. Celui qui la met dans cet état est un homme énergique doté d'un fabuleux don oratoire, un bon meneur de foules au style qu'on sent influencé par la culture nord-américaine. Je dis ce que je souhaite à ces femmes, il traduit. Je manque d'inspiration, il me remercie. Nous n'y comprenons pas grand chose et quittons la salle avant la fin de l'office.

Mais il est déjà treize heures ! et notre bus part maintenant !! Nous faisons nos sacs aussi vite que possible, achetons un peu de pain, de l'eau et es fruits et sautons dans le véhicule qui était déjà prêt à nous oublier. Direction Ooty et ses montagnes où nous pourrons respirer un peu d'air frais, où la température sera plus facile à vivre et où nous pourrons nous promener dans les plantations de thé réputées dans toute l'Inde.

Préparation du thé "masala tchai", épicé, lacté, il sent bon la cannelle !
Un délice...

3 commentaires:

jujul a dit…

Hello les globe trotters! j'ai matté la vidéo du dernier jeu indien que vous avez mis en ligne. Excellent! on y jouera à la plage une fois que vous serez rentrés hein!? bibiz et à très bientôt

D1bow

Mieszko a dit…

On ira à Houlgate ?
J'ai l'impression que les chasseurs doivent alterner leurs positions entre-eux ?
Ils sont sur des lignes différentes mais doivent êtres opposé dans les colonnes l'un par rapport à l'autre.
Me trompe-je ?

Antoine et Anna a dit…

Eh non, on ira au Havre !
De quel jeu vous parlez ? Vous pouvez laisser les commentaires sur les jeux directement sur le site (sans vous inscrire ni rien), en bas de la règle de jeu. Je ne sais donc pas si tu te trompes.